ROULER EN PELOTON ET AUTRES CONSEILS DE SÉCURITÉ

Rouler en peloton s’avère simple : ça prend de l’attention, de la constance, de la confiance et une conduite sécuritaire. Chaque cycliste est responsable de la sécurité des personnes qui la suivent, et chacune doit apprendre à faire confiance à la personne qui la précède. Il faut savoir choisir son groupe et ne pas avoir de réticence à changer de peloton pour augmenter ou réduire sa vitesse. Sachez que l’orgueil n’est pas un bon guide. Voici quelques conseils pour rouler sécuritairement au sein d’un peloton :

  1. Vitesse. La vitesse de croisière représente la vitesse maintenue sur un terrain plat, sans vent. La vitesse moyenne constitue la vitesse qu’un groupe roule en moyenne au cours d’une sortie. Par exemple, pour obtenir une vitesse moyenne de 25km/h, il faut s’attendre à rouler plus de 25km/h sur les chemins plats et les descentes pour compenser la vitesse réduite dans les montées, les arrêts, les feux de circulation, etc. La vitesse annoncée doit être respectée au maximum selon les conditions de la route et la température (ex. : grand vent ou pluie soudaine). L’important est de rouler en sécurité et de profiter d’une sortie agréable.
  1. File indienne. La file indienne est la base du peloton. La distance à respecter avec le vélo devant soi doit être d’environ de ¼ à ½ roue, c’est ce qui crée un effet de sillonnage, cet effet réduit d’environ 25 % l’effort à produire. Au-delà d’une roue d’écart l’effet de sillonnage est perdu et il se crée une distance. Il ne faut pas « chevaucher » la roue du cycliste devant soi, que ce soit à droite ou à gauche de la roue.
  1. Distance de roulement. Les cyclistes devraient circuler à l’intérieur de 1 mètre du bord de la chaussée. En absence d’accotement, il faut rouler le plus près possible du bord de la chaussée.
  1. Groupes. Le nombre de cyclistes idéal pour former un groupe est d’environ 8 personnes. Vaut mieux former 2 petits groupes qu’un gros groupe. La loi interdit les groupes de 15 cyclistes et plus.
  1. Mouliner. Il faut pédaler sans « à coups », pédaler « rond ». Mouliner continuellement même lorsque le peloton ralentit, éviter d’arrêter de pédaler, juste en tournant les pédales sans mettre de force. Ça envoie un message à la personne qui suit que lorsque le groupe reprendra de la vitesse vous serez prête à pédaler et ne perdrez pas le rythme. Lorsque le pédalage est saccadé, il se crée une distance dans le peloton et il pourrait se créer un effet d’élastique lorsque la personne se raccrochera à la file.
  1. Entraide. Les sorties doivent se faire dans un esprit d’équipe. Il faut signaler rapidement quand nous sommes en difficulté, avant d’atteindre le point de non-retour et de fatigue extrême. Il ne faut pas hésiter à demander au groupe de ralentir. Il faut crier « moins 1 » ou « moins 2 », ce qui veut indique de ralentir de 1 ou 2 km/h, le groupe devra s’adapter et attendre que la personne ait repris son souffle avant de reprendre la vitesse. Il ne faut jamais abandonner ou larguer une cycliste plus lente. Dans une telle situation, pour cette sortie, il faut s’adapter à la vitesse de la personne la plus lente. C’est la raison pour laquelle il faut bien choisir son groupe de vitesse et éviter de choisir un groupe trop rapide.
  2. Arrêt imprévu. Si un ennui mécanique ou une crevaison survient, il faut avertir immédiatement le groupe et s’immobiliser de façon sécuritaire sur le bord de la chaussée. Tout le groupe patiente le temps de la réparation et repart ensemble.
  3. Avertissements vocaux. Les avertissements vocaux sont importants dans un groupe. Une cycliste en difficulté doit l’annoncer : « moins 1 », « moins 2 ». La dernière personne de la file doit annoncer l’approche d’une voiture en criant « auto », ou en anglais « car back ». L’information doit se rendre à l’avant de la file afin d’éviter que la personne à l’avant de la file donne le  « relais » au même moment. Il est important de crier « bidon » si quelqu’un échappe son bidon d’eau. Ou « crevaison » en cas de crevaison. « Pied à terre » signifie que toutes les cyclistes doivent s’immobiliser sécuritairement, notamment pour un arrêt à un feu de circulation, pour vérifier le trajet, pour une urgence. Il est important d’énoncer clairement la situation. Il faut aussi signaler les dangers de la route, annoncer si la route devient en gravier ou en sable. Les signaux de la main servent à annoncer les dangers. Ces signaux sont connus de tous les cyclistes et sont quasi identiques d’un club à l’autre. Voie ferrée, gravier, sable, arrêt, ralentir, craques, débris, bouche d’égout, contournement d’une voiture ou d’un piéton en bordure de rue, donner le relais… Ces signaux sont montrés dès la première sortie.
  1. Tête de file. La personne en tête de file détient la responsabilité de donner le rythme annoncé et de le maintenir. Important : il faut jeter de temps en temps un coup d’œil derrière afin de s’assurer que la personne derrière soi est toujours là et à une distance correcte. La tête de file doit aussi annoncer les dangers potentiels devant : trous, voie ferrée, débris, etc. L’information doit se rendre à la dernière personne par l’intermédiaire de toutes les cyclistes de la file. Elle doit annoncer les dangers assez longtemps d’avance pour laisser un temps de réaction suffisant aux cyclistes derrière.
  1. Donner le relais. La première personne de la file doit donner le relais à la personne suivante. La durée du relais est idéalement de 1 km ou de 2 minutes. Le relais peut être plus court si la personne est très fatiguée, car elle ne sera d’aucune utilité si elle s’épuise. Il faut éviter de donner le relais dans les courbes ou les côtes, lorsqu’une voiture approche ou lorsque la chaussée semble dangereuse (trou, flaques d’eau, gravier). Le relais se donne par un signe, soit avec le coude (petit coup de coude vers l’avant) ou bien avec la main au-dessus de l’épaule (en faisant un petit tourniquet).

Lors de la passation du relais, il est important de garder la vitesse que le groupe avait, autant pour la personne qui va vers l’arrière que la personne qui prend le relais. C’est-à-dire que la personne qui laisse le relais ne doit pas ralentir tant qu’elle ne se trouve pas à côté de la personne à qui elle laisse le relais. Par la suite elle se laisse descendre sécuritairement jusqu’à la fin de la file en restant le plus près possible de la file et ainsi éviter de se retrouver dans le passage des voitures. Elle doit commencer à prendre de la vitesse rendue à la hauteur de la dernière personne afin de facilement s’accrocher au groupe rendue en dernière position. La dernière de la file doit annoncer « dernière » à la personne qui descend pour lui indiquer de se préparer à se raccrocher au peloton.

La personne qui a pris le relais ne doit pas accélérer, elle doit garder la même vitesse que le groupe avait.

Par contre, si un relais se donne sur une chaussée sans accotement et qu’en descendant le long du peloton, un véhicule arrive et que c’est dangereux de continuer à descendre, il faut pointer dans la file un endroit pour se ranger dans le peloton et les autres doivent libérer la place dans la file. La personne pourra se détacher et descendre en fin de file lorsque le véhicule sera passé.

  1. Lorsqu’on roule en peloton, il faut éviter les gestes brusques et surtout éviter de freiner. Il ne faut freiner qu’en cas d’urgence. En repartant après un feu de circulation par exemple, il faut s’assurer que tout le peloton est rassemblé avant de trop accélérer. Il faut évidemment éviter de regarder derrière soi, sauf pour jeter un coup d’œil pour vérifier si la personne derrière nous suit. Notre attention doit rester devant. Il ne faut toutefois pas fixer la roue. D’ailleurs il ne faut pas fixer un point précis sinon on risque de « tomber dans la lune ». Nos yeux doivent « se promener » sur l’ensemble de la cycliste qui nous précède : roue, dos, casque, bras. Il peut arriver qu’on se sente moins confortable de rouler derrière la personne qui précède. Si c’est le cas, il faudrait éviter de se retrouver derrière elle la prochaine fois.
  1. Dans les villages, où les maisons se trouvent près de la route, il faut redoubler d’attention. Un véhicule, un enfant ou un chien peuvent surgir directement devant vous. Restez vigilante.
  1. Montées. Il n’est pas conseillé aux cyclistes fatiguées ou aux cyclistes moins habiles dans les côtes d’être la première lors de la montée. Laissez le relais avant la côte. Les meilleures grimpeuses doivent accepter le rythme du groupe. Si vous voyez que vous avez de la difficulté avec la montée, restez le plus à droite possible de la chaussée. Comme ça si, en dernier recours, vous vous sentez obligée de « déclipper », vous ne serez pas dans le « chemin » de la personne derrière vous. Le dépassement dans une côte est à proscrire. S’il y a des retardataires, on doit les attendre en haut de la côte et reprendre lentement la route afin que celles-ci puissent reprendre leur souffle.
  1. Si vous désirez vous lever pour monter en danseuse et que la personne derrière vous est en file à distance normale (¼ ou ½ roue), il est préférable de l’en aviser (le pouce vert le haut ou on dit « debout » ou « up »), car le fait de se lever crée un recul. Attendre une seconde pour se lever après l’avoir avisée.
  1. Il faut augmenter un peu la distance entre les cyclistes dans les descentes. La première cycliste de la file doit augmenter la vitesse afin que les cyclistes derrière ne soient pas obligées de freiner en raison de l’effet d’aspiration. Les dépassements sont à proscrire. La position aérodynamique est recommandée, mais il faut savoir la maîtriser. Il faut aussi éviter de freiner sauf si nécessaire.
  1. Hydratation et nourriture. Le vent, la chaleur et l’effort peuvent nous déshydrater. Il faut boire régulièrement, quelques gorgées à la fois, avant même de ressentir la soif. Afin d’être sécuritaire, il est préférable de boire lorsqu’on est la dernière de la file. On peut aussi manger en fin de file (fruits séchés, barres…). Si vous devez absolument boire dans la file, montrez votre bidon sur le côté afin d’informer les cyclistes derrière que vous buvez.
  1. Connaître le parcours, ou du moins l’avoir regardé attentivement. Si vous connaissez très bien le parcours, il faut éviter d’être trop confiante afin de ne pas perdre sa vigilance. En fin de parcours, nous sommes parfois plus fatiguées, mais il faut tout de même rester vigilante. Les ponts de bois, la chaussée mouillée, le sable, le gravier et les voies ferrées deviennent des surfaces dangereuses pour la cycliste.
  1. Ennui mécanique. Il est bon de savoir comment se débrouiller en cas de problème. Changer un pneu, rembarquer sa chaîne (truc du gros plateau), connaître la base.
  1. Accessoires de la cycliste. Évitez d’être distraite par vos accessoires – cyclomètre ou GPS– lorsque vous êtes en file. Attendez si possible d’être la dernière. Aussi, un petit rétroviseur de guidon peut s’avérer très utile et sécuritaire. Il sera vos yeux pour voir derrière.
  1. Vêtements. Assurez-vous d’être vêtue convenablement. Les manchettes et un coupe-vent mince s’apportent très bien dans les poches arrière du maillot.

Article rédigé par: Marielle Julien, Cyclopétard de Trois-Rivières